Yannis Ritsos Pierres Répétitions Grilles
Traduit du grec par Pascal Neveu Préface de Bernard Nöel Ypsilon éditeur 272 pages, 25 euros 2009
Le 21 avril 1967 en Grèce : coup d’Etat des Colonels. Yannis Ritsos est
arrêté le matin même et conduit à la Sûreté puis à l’hippodrome de
Phaliro où sont parqués les dix mille otages de la Junte. À la fin du
mois, ils sont envoyés par navire militaire sur l’île de Yaros, un grand
rocher sans arbre et sans eau, infesté de rats. Pierres.
En septembre, Ritsos est transféré sur l’île de Léros. « Là-bas, pendant
nos interminables nuits, il écrivait sa grande poésie. Là-bas, il
jetait des milliers de vers dans ses petits carnets », se souvient un de
ses compagnons. Répétitions.
En août 1968, Ritsos, malade, est emmené sous escorte à Athènes, au
centre anticancéreux. Quarante jours plus tard, il est de retour sur
Léros. Fin octobre, il est transféré en résidence surveillée sur l’île
de Samos, emportant avec lui les poèmes déjà écrits, cachés dans une
valise à double fond. Aucun lien ni contact ne lui sont autorisés. Répétitions, Grilles.
En 1969, il parvient à envoyer clandestinement ses minuscules manuscrits à Paris.
Pierres Répétitions Grilles est traduit en français pour la première fois dans son intégralité, puisque 84 poèmes (17 pour Pierres, 48 pour Répétitions et 19 pour Grilles)
manquaient à l’ensemble des 73 poèmes édités en 1971 par Gallimard,
quand ils étaient « inédits encore dans leur propre langue ». Dans la
préface, Aragon écrivait : « Je ne savais pas d’abord de lui qu’il était
le plus grand poète vivant de ce temps qui est le nôtre. Je l’ai appris
par étapes, d’un poème à l’autre, j’allais dire d’un secret à l’autre ».
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Autres livres de Yannis Ritsos publiés chez Ypsilon
Temps pierreux. Makronissiotiques Journal de déportation
Site de l'éditeur : http://www.ypsilonediteur.com
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Il est né en Grèce, à Monemvasia, le 1er mai 1909 et mort le 11 novembre 1990 à Athènes. Cadet
d’une famille de grands propriétaires terriens, sa vie est marquée par
la mort de la mère et du frère aîné, la folie de la sœur et du père qui
provoquera leur ruine économique, et la maladie personnelle qui lui
vaudra de fréquents séjours en sanatorium. Il adhère au Parti
Communiste Grec à la fin des années 1920.
De 1948 à 1952, époque
de guerre civile, Ritsos est déporté pour ses convictions politiques
dans les îles de Limnos, Makronissos et Aï-Stratis, en même temps que
toute une génération qui y fut emprisonnée, battue, torturée, exécutée.
Mais il écrit toujours, tant bien que mal, secrètement, des poèmes tels
que ceux du Journal de déportation, de 1948 à 1950, interrompu en 1949
par l’écriture de Temps pierreux. Les poèmes sont enfermés dans des
bouteilles et enfouis dans la terre.
En avril 1967, c’est le
coup d’État des Colonels. Ses amis conseillent à Ritsos, de retour d’un
voyage à Cuba, de se cacher mais il ne quitte pas sa maison d’Athènes.
Il est arrêté le matin même et envoyé à la fin du mois sur l’île de
Yaros, un grand rocher sans arbre et sans eau, infesté de rats. Il sera
ensuite transféré sur l’île de Léros puis placé en résidence surveillée
à Samos. Pendant tout ce temps, il continue d’écrire plusieurs séries
de poèmes, toujours en cachette, regroupés sous le titre Pierres Répétitions Grilles.
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