Domaine d’un rouge-gorge / Sculpture 1969
ROBIN Redbreast’s Territory/Sculpture 1969
JAN DIBBETS


Domaine d’un rouge-gorge / Sculpture 1969 (Robin Redbreast's Territory) est le livre d’une installation réalisée dans un parc d’Amsterdam en 1969, mettant en scène un oiseau observé et photographié par Jan Dibbets.

Après s’être renseigné sur les habitudes du rouge-gorge, Jan Dibbets décide d’agrandir le territoire de l’un deux, en déterminant de nouvelles limites avec des poteaux sur lesquels le rouge-gorge va se poser, participant ainsi au « dessin/sculpture » de l’artiste.

Le livre reproduit sur les pages de gauche photographies, relevés topographiques, et annotations manuscrites de l’artiste transcrites sur les pages de droite dans trois autres langues (anglais, français et allemand).

Jan Dibbets, qui a abandonné la peinture en 1967, procède alors à des interventions éphémères dans la nature pour les photographier. L’action n’est pas une fin en soi pour l’artiste, et il importe à Dibbets de conserver le sens d’un projet dont la réalisation a finalement moins d’importance que l’idée qui l’inspire.

Domaine d’un rouge-gorge est le 6e livre publié dans la collection Reprint.


"Très tôt dans son parcours, Jan Dibbets utilisa l’appareil photographique pour porter un point de vue sur le monde différent, expressément monoculaire, que ce soit de façon littérale dans ses « corrections de perspective », ou par d’autres moyens comme dans les panoramas photographiques qui ont donné lieu à la série des Montagnes hollandaises.
En même temps, il développait le concept de Domaine d’un rouge-gorge / Sculpture, une de ses « nombreuses idées en rapport avec notre écosystème, un mot qui existait à peine à l’époque ». Le texte du livre décrit comment Dibbets s’est familiarisé avec les habitudes du rouge-gorge en lisant un livre sur le sujet, même s’il n’était « pas intéressé par les faits biologiques » mais plutôt par « les frontières des arts visuels ».
L’idée de Dibbets était d’associer cette compréhension nouvelle des habitudes du rouge-gorge à sa conception du dessin dans l’espace et à son désir de visualiser des systèmes écologiques. Il perçut toutefois « qu’il n’était pas possible de la partager avec d’autres », jusqu’à ce que « l’idée du livre se présente », s’imposant comme un moyen adéquat.
En 1969, il avait travaillé avec le galeriste et éditeur Seth Siegelaub : « J’en ai parlé à Seth. Il fut tout de suite très enthousiaste et dès que je lui remis l’ensemble du matériel, il s’occupa de tout. Je n’ai travaillé qu’avec Seth. »
Ainsi a vu le jour cet exemple de livre qui est aussi une œuvre d’art, la compréhension de la totalité de l’œuvre n’étant possible qu’au moyen du livre de l’artiste." (Texte encarté dans le livre)


Robin Redbreast's Territory  is a book documenting a 1969 installation in an Amsterdam park by Jan Dibbets, who observed and highlighted the movements of a robin through a series of photographs. The book, published in 1970, is Dibbets’ only Artist’s book.

After learning about the habits of robins, Jan Dibbets decided to extend the territory of one robin, setting new boundaries with poles that the bird would perch on; in this way, the robin participated in the artist's 'Drawing in Space'.

The book’s left-hand pages feature photographs and topographical surveys, alongside handwritten notes by the artist, which are rendered in three other languages (English, French and German) on the right-hand pages.

After giving up painting in 1967, Jan Dibbets began creating ephemeral installations in nature and taking photographs of them. The act is not an end in itself for the artist: his preoccupation is with preserving the meaning of the work, because ultimately what is important is not the reality of the installation but the idea that inspired it.

Robin Redbreast's Territory is the 6th book to be published in the Reprint collection.

"Early in his development Jan Dibbets used the camera to provide a different, specifically monocular, perspective on the world, literally through his ‘perspective corrections’, but also by other means such as the series of photographic panoramas that led to the Dutch Mountains works.

At the same time he was developing the concept of Robin Redbreast’s Territory / Sculpture which ‘was part of a number of ideas which involved our eco-system, a word which hardly existed at that time’. The book’s text describes how Dibbets obtained an insight into the habits of the common European robin through his reading of a book on the subject, even though he was ‘not interested in biological facts,’ but rather ‘with the frontiers of the visual arts.’

Dibbets’s idea was to harness his new understanding of the habits of the robin to his notion of drawing in space and his desire to visualise ecological systems. However, he ‘realised that there was no way to share it with others’ until ‘the idea of the book came along’ thereby establishing an appropriate means.

He had been working with the gallerist and publisher Seth Siegelaub in 1969: ‘I told Seth about it. He immediately was very enthusiastic and after I delivered him all the material, he took care of everything. I only worked with Seth.’

So it was that this example of the book as artwork came about, whereby understanding of the entirety of the work is only possible by means of the artist’s book." (Text inserted in the book)







121 x 183 mm
32 pages
Broché / Paperback
ISBN 978-2-915859-45-4
EAN 9782915859454

Texte en néerlandais, anglais, français et allemand / Text in Dutch, English, French and German

Edition revue et corrigée / Updated translations

Traductions de / Translations by: Daniel Cunin, Andrew Morris et Etienne Dobenesque.

Edition originale / First edition:
Seth Siegelaub, New York et Walther König, Cologne, 1970
 
10 €


+ Extrait du livre




Jan Dibbets est né à Weert (Pays-Bas), en 1941.

A la fin des années 1960, Jan Dibbets abandonne la peinture au profit d’une photographie en tension entre figuration et abstraction. Proche à cette même période des artistes du Land Art et de l’Art conceptuel, la démarche de Jan Dibbets suit néanmoins une voie singulière faisant de lui une figure majeure de l’art néerlandais et de la scène artistique internationale.

Exposé dans le monde entier, Jan Dibbets a participé à de nombreuses manifestations internationales (Quand les attitudes deviennent forme à Berne en 1969, Biennale de Venise en 1972, Documenta de Cassel), et les plus prestigieux musées lui ont consacré des expositions (Stedelijk Museum à Amsterdam, Musée d’art moderne de la ville de Paris en 2010).

Il est notamment connu pour avoir réalisé à Paris en 1994 Hommage à Arago, une sculpture matérialisant le méridien de Paris par des disques de bronze incrustés dans le sol de la capitale.



Jan Dibbets was born in Weert, Holland, in 1941. He gave up painting at the end of the 1960s to focus on his photography, which existed in a state of tension between figurative art and abstraction. Although closely linked during this period to the artists of the Land Art and Conceptual Art movements, Jan Dibbets' trajectory subsequently followed a different path and he went on to become a major figure in Dutch art and on the international artistic scene.

His art has been shown all over the world; Dibbets has taken part in numerous international shows (When Attitudes Become Form in Bern in 1969, 1972 Venice Biennale, Documenta in Kassel) and the most prestigious museums have held exhibitions dedicated to his work (Stedelijk Museum in Amsterdam, the Modern Art Museum in Paris in 2010).

He is especially known for the sculptural artwork he created in Paris in 1994, Memorial to Arago, which marks the Paris meridian with bronze plaques set into the ground of the capital.